Le flot quotidien des nouvelles est tumultueux. Identifier le sens du courant tient de l’exercice de survie en apnée: reprendre son souffle en repérant la prochaine vague naissante. Le fleuve des informations charrie ces temps d’étranges nouvelles et semble carrément creuser un nouveau cours ! Le gouvernement américain veut transformer la FED en «super gendarme des marchés» pour éviter une nouvelle crise comparable à celle des subprimes. Hilary Clinton évoque le spectre d’une récession à la japonaise et affirme que L’Etat devrait se tenir prêt à racheter nombre de produits financiers pourris par la crise des dérivés de crédit. Au pays de la libre entreprise et du marché roi, la vieille loi de l’offre et de la demande semble complètement passée de mode ! Quant à l’autorégulation, il n’y a plus grand monde pour se risquer à prononcer ce gros mot…
Et voilà que la Bourse, supposée bienveillante corbeille mettant en contact des entrepreneurs et leurs actionnaires, est contestée en Suisse. Par le bouillonnant patron du groupe Swatch, Nicolas G. Hayek, qui digère mal qu’un fonds d’investissement américain se soit débarrassé de ses titres après l’annonce d’un superbe bénéfice net dépassant pour la première fois le milliard de francs. Et d’envisager de retirer son groupe de la cote. Le marché est vraiment mal en point. Et ses anciens zélateurs ne s’émeuvent guère de son agonie.
Décryptages du 3 avril 2008
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