«Comment devenir riche en peu de temps?» A cette question simple, la réponse a souvent été simpliste : «En faisant jouer au maximum l’effet de levier».
S’endetter à un taux d’intérêt inférieur à la rentabilité que l’on obtient de son activité économique (pour une entreprise), de ses placements sur les marchés financiers (pour un hedge fund), de la société que l’on achète (pour un fonds de Private Equity) ou de son investissement immobilier (pour un simple particulier) permet de gagner plus que par un financement en fonds propres: en empochant la différence entre le taux d’intérêt payé sur l’emprunt et le résultat ou la plus-value réalisé(e).
C’est ainsi que les dettes gonflent lorsque tout va bien: celles des entreprises comme celles des ménages. Pourquoi se priver des bienfaits de l’effet de levier? Parce qu’il se transforme en coup de massue lorsque la situation économique vire au vinaigre...
Les actifs ne couvrent plus le montant de la dette, la rentabilité économique de l’activité ou du placement devient inférieure au taux d’intérêt à acquitter sur l’emprunt en cours. C’est ce que vivent déjà de nombreuses familles aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en Espagne et ce que nombre d’entreprises pourraient douloureusement expérimenter sous peu, prises en tenaille entre la chute de leur capitalisation boursière et le ralentissement de leur activité.
Epurer les excès d’une économie dopée à la dette prendra du temps. Et pour cause: les réductions de taux d’intérêts par les banques centrales ne pourraient relancer l’activité que si l’appétit pour l’emprunt revenait.
Mais les trop nombreuses victimes du gavage par la dette n’en sont encore qu’au stade des nausées, avant celui du lavage d’estomac. Elles y réfléchiront à deux fois avant de se remettre à table.
L'Instantané du 17 octobre 2008

Il est dommage que l'on oublie vite en temps de crise que l'on désignait les dirigeant des sociétés qui abusaient de l'effet de levier de l'endettement comme le modèle du bon citoyen (le «bon» citoyen est en effet riche aujourd'hui car l'idéologie dominante veut que sa richesse signifie qu'il a enrichi la collectivité à laquelle il appartient...).
Et quand l'effet massue, corolaire de l'effet de levier apparaît, on n'attribue pas les torts à ces mêmes «bons citoyens» mais à une providence défavorable, c'est-à-dire la crise, qui surviendrait ex-nihilo.
La domination n'a pas disparue, elle a changé de forme et elle réside aujourd'hui dans l'ignorance et la complexité savamment entretenue.
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Rédigé par: cycnus | 10 décembre 2008 à 12:37