Dame Helvetia a franchi le 27 octobre un plus haut historique face à la monnaie européenne: à 1,43 franc pour un euro. La poussée de fièvre a saisi la devise suisse en même temps qu’un yen lui aussi propulsé vers des sommets. Elle est un peu retombée. Ce récent coup de chaleur n’a été que partiellement provoqué par des dénouements précipités d’opérations de carry trade. A l’heure où les investisseurs ne savent plus à quel havre se vouer, la Banque nationale suisse a bien de mal à faire oublier le rôle traditionnel de valeur refuge du franc. Or, le dollar est actuellement dopé par des rapatriements massifs aux Etats-Unis de fonds jusque-là placés dans le reste du monde. Les Américains cassent leurs tirelires étrangères pour dépenser ou placer à la maison, dans l’attente d’un rebond de la Bourse après une nouvelle baisse des taux de la FED. Ce soutien au billet vert n’aura qu’un temps. Le franc pourrait ensuite être recherché par une épargne en quête de sécurité. Une hausse régulière de la monnaie helvétique serait moins pénible pour les entreprises que de brusques variations de change, au gré des mouvements de panique des investisseurs ou de leurs appétits de gains rapides. Le second scénario est malheureusement plus probable. Le marché des changes, stimulé par l’effet de levier, permettant encore d’engranger rapidement de substantielles plus values.
Décryptages du 30 octobre 2008
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