Le placement gagnant de 2008 a été le compte d’épargne. A part pour quelques actions affichant de modestes plus-values, le traditionnel adage postulant que le rendement est fonction du risque a été magistralement invalidé. Il s’applique, certes, à un horizon de long terme. Ca tombe bien: la patience pourrait devenir la qualité obligée des épargnants. Nombre de Bourses ayant perdu quelque 40% de leur valeur, ce sont 66,6% de gain qu’elles devront engranger avant de retrouver leur niveau de début 2008. Sans même rêver à celui de l’été 2007… Exploit difficile à réaliser ces prochains mois, avec des investisseurs tétanisés par leurs pertes et désormais assis sur des montagnes de cash. Bloomberg a chiffré à 8850 milliards de dollars les liquidités promues au rang de valeur refuge dans les portefeuilles du monde entier. Une masse d’argent susceptible de retrouver très rapidement le chemin des actions, matières premières ou immobilier si la confiance revenait. Elle pourrait aussi gonfler encore en accompagnant une déflation. L’économie planétaire oscille entre deux maux: dépression profonde avec chute de prix ou «simple» ralentissement sévère. Dans tous les cas, le maître à suivre sera le cash: qu’il s’obstine à chercher des abris sûrs - malgré des taux d’intérêt potentiellement négatifs - ou reprenne goût aux placements risqués.
Décryptages du 8 janvier 2009

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