La brutalité de la crise financière et de ses conséquences sur les comptes des banques – et, partant, sur la confiance qu’inspirent les établissements financiers – est telle que les gouvernements font partout figure de dernier rempart contre le chaos. Les Etats sont crédités par leur population d’une belle solidité que certains sont bien loin de posséder. La chute des devises des pays de l’Est périphériques de la zone euro met certaines nations au bord de la cessation de paiement. De quoi fragiliser tout le système bancaire européen. Les Etats les moins mal en point se résigneront sans doute à venir au secours des autres, pour éviter la panique. Les planches à billets vont tourner, génératrices de lourds impôts futurs. Pris à ce piège d’un avenir d’endettés, les citoyens ne sont plus disposés à tolérer les petits arrangements avec l’impôt des plus riches. Les arguties juridiques seront de peu de poids face à des gouvernements contraints de concéder à leur opinion publique des discours de solidarité. Des discours et, bientôt, des actes pansements sur des plaies douloureuses. De l’empathie à défaut de vraies solutions: c’est bien le moins que l’on puisse attendre des politiciens! Les pressions sur les paradis fiscaux et les secrets bancaires viennent d’un chaudron d’émotions où bouillonnent surtout l’angoisse et la colère face à l’impuissance. La Suisse gagnerait à le comprendre très vite.
Décryptages du 26 février 2009
