Engluée dans les effets délétères de la crise financière, l’économie dite réelle - celle qui produit des marchandises et les vend, souvent au-delà de ses frontières nationales - pourrait bien subir un autre choc majeur : celui d’une pandémie. Les craintes d’une contagion de la grippe porcine, diagnostiquée pour l’heure surtout au Mexique, ont fait replonger les marchés boursiers lundi. Et pour cause : une maladie dangereuse et facilement transmissible provoquerait un coup de frein sur les échanges commerciaux comparable à un regain de protectionnisme dans plusieurs pays. Il suffit d’imaginer une réticence généralisée aux déplacements de personnes… Cette alerte vient rappeler que les ratées du monde économique et financier - aussi importantes soient-elles - ne sont pas les menaces les plus sérieuses pour l’humanité. Maladies, pénuries d’eau potable et d’aliments, réchauffement climatique, terrorisme, conflits intérieurs ou guerres sont des dangers autrement plus graves. Espérons que les décideurs, qui ont fait front à peu près unis pour éviter une implosion du système financier, sauront utiliser les contacts désormais établis pour prémunir du pire les populations les plus vulnérables. Et éviter la montée de violences aveugles attisées par la peur et une très grande colère. Tout comme la crise financière, la menace de pandémie rappelle crûment à tous que le malheur de certains peut devenir celui de tous.
Décryptages du 30 avril 2009
