Une manivelle partant à l’envers peut faire très mal… Celle qui a été largement utilisée ces dernières années pour enclencher le rachat d’entreprises par des fonds de Private Equity porte le joli nom de LBO (leveraged buy-out). Une astucieuse utilisation du fameux effet levier qui permettait de gagner beaucoup grâce à l’endettement. Un fonds achetait une entreprise avec un apport minime en cash; le solde étant constitué par de la dette, censée être remboursée par les futurs profits de la société acquise. A l’heure où de grands groupes cotés peu endettés ont du mal à obtenir des crédits à prix doux, les firmes achetées par LBO ont du souci à se faire pour leur refinancement. Même la SECA - association faîtière du Private Equity en Suisse - s’en inquiète dans son rapport annuel, allant jusqu’à s’interroger sur la viabilité de certaines de ces sociétés et de leurs modèles d’affaires. La manivelle folle ne saccagera pas que les bilans de banques déjà fragilisées. Certaines de ses futures victimes vont être surprises. Les dettes contractées pour monter des LBO ont été titrisées: elles se sont ainsi nichées dans les portefeuilles des investisseurs privés sophistiqués, des compagnies d’assurances ou des caisses de pension. Quant aux sous-jacents de ces dettes - les entreprises achetées et leurs salariés - , ils devront essayer de survivre au régime sec en attendant la chance hypothétique d’être bradés sur le marché secondaire.
Décryptages du 2 juillet 2009
