«Flux internationaux de capitaux: fiables ou inconstants?» Ainsi titré, le chapitre consacré aux mouvements transfrontaliers de capitaux privés dans les «Perspectives de l’économie mondiale» du FMI, a valeur d’avertissement. La marée haute irriguant les marchés émergents pourrait être suivie d’un reflux. De fait, l’expérience enseigne que l’argent afflue dans les pays en développement rapide quand le crédit est abondant et pas cher. Mais qu’il peut en repartir rapidement dès que la politique monétaire made in USA devient plus restrictive. L’incidence des modifications des taux directeurs américains augmente avec l’intensité des liens financiers directs avec les Etats-Unis. La marée basse serait d’autant plus rapide que la décision de la Fed prendrait les investisseurs par surprise. Même si, pour l’heure, les montants de capitaux entrants - depuis mars 2009 - n’ont pas dépassé les pics atteints au cours des trente dernières années; le FMI rappelle que les précédentes envolées des flux de capitaux privés dans les pays émergents avaient été constatées avant la crise asiatique 1991-97 et la crise financière mondiale 2004-07. On comprend mieux le souci du Brésil et d’autres pays émergents dynamiques de décourager l’investissement étranger par des taxes. Le reflux sera d’autant moins violent que le flux aura été en partie contenu.
(Décryptages du 14 avril 2011)
Les commentaires récents