Améliorer le système monétaire international ou consentir au chaos d’une guerre des monnaies: c’est le choix auquel sont confrontés les responsables des grandes économies de la planète. Ils en sont conscients. Le subtil jeu de la défense des intérêts de chacun entre individualisme et coopération conduit toutefois à une politique des très petits pas dans la bonne direction. Celle d’un rôle accru du FMI pour surveiller l’évolution des taux de change, des réserves en devises; mais aussi des flux de capitaux et de la création mondiale de liquidités. Réunis à Nankin pour se pencher sur l’état de santé d’un système en petite forme, chaque membre du G20 a encore entonné la chanson qui le berce. Les Etats-Unis souhaitent des changes plus flexibles et la Chine une politique monétaire de la Fed moins accommodante. Seule avancée: le yuan pourrait rejoindre un jour le panier des DTS du FMI. A quand une réforme globale courageuse? Sur la base de l’Initiative du Palais-Royal: des propositions avancées par d’anciens responsables du FMI, de la Banque mondiale et de ministères des Finances. Pour eux, taux de change reflétant la force des économies, réserves raisonnables et niveau «adéquat» de liquidité mondiale doivent être recherchés de concert. Ces sages sont sortis de leur retraite au nom d’un intérêt supérieur commun. Puissent-ils être entendus.
(Décryptages du 7 avril 2011)
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