Shocking! Le très sérieux Libor - taux pratiqué par les banques de Londres lorsqu’elles se prêtent de l’argent - aurait pu être manipulé entre 2006 et 2008. Cet indicateur essentiel pour ajuster des prêts et valoriser moult produits financiers est calculé quotidiennement pour plusieurs devises par la British Banking Association. Les renseignements étant fournis par les banques, celles éprouvant le plus de difficultés à se financer à prix doux auraient pu être tentées de refroidir le thermomètre en communiquant des taux minorés. Soupçon assez fort pour que les autorités lancent une enquête auprès de plusieurs établissements. Le niveau des thermomètres - observé à la seconde - étant devenu un élément clé des choix de millions d’agents économiques, leur fiabilité pourrait laisser de plus en plus à désirer. Ainsi de la note AAA attribuée par les agences de notation à de grands pays endettés. Il a suffi que S & P fronce les sourcils à propos de celle des Etats-Unis pour que les Bourses plongent. Pas une once de nouveauté toutefois dans la situation réelle de l’Oncle Sam. Les observations de S & P pouvaient être faites depuis des mois. Surveiller les thermomètres sans jamais mettre le nez dehors est dangereux. C’est ce que faisaient les banquiers avant la crise des subprimes. Mieux vaut contrôler de concert le niveau du mercure et la température ambiante.
(Décryptages du 20 avril 2011)
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