Les CDS - Credit Default Swaps ou contrats d’échange sur risque de crédit – protègent du défaut de paiement de l’entreprise ou de l’Etat dont on est créancier obligataire. Un CDS peut aussi être acheté ou vendu pour parier sur l’évolution de sa valeur, indépendamment de la détention de l’obligation couverte. Pratique très lucrative lorsque la peur augmente sur les marchés obligataires : les variations de prix des CDS sont alors substantielles d’un jour à l’autre. Les intervenants sur ce marché ont été soupçonnés d’accentuer les problèmes des pays européens les plus fragiles en faisant exploser le coût de leur dette. Leurs défenseurs estiment que les CDS constituent une évaluation fiable des risques de défauts sur dettes souveraines puisque acheteurs et vendeurs agissent selon leurs convictions. Fiable, pour autant que les informations permettant la formation des prix soient accessibles à tous et que ce marché soit largement ouvert… C’est ce qu’entend vérifier la Commission européenne. Elle vient de lancer deux enquêtes pour éventuelle entente ou position dominante. La première implique seize banques d’investissement et la seconde neuf établissements : Credit Suisse et UBS sont dans le collimateur dans les deux cas. L’enjeu est de taille : sans libre concurrence sur le marché des CDS, pas de juste évaluation des obligations.
(Décryptages du 5 mai 2011)
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