Coup de froid sur les marchés boursiers depuis mai et, maintenant, coup de blues général. Le spectre du double dip – ou le risque de rechute en récession – revient hanter les Etats-Unis. En mai, le taux de chômage a repassé la barre des 9% pour la première fois depuis décembre 2010.
Et on n’entend plus d’optimistes annonçant que le chômage remonte mécaniquement lorsque la croissance repart, car les personnes jusque-là découragées de chercher un emploi se présentent de nouveau sur le marché du travail. Et pour cause: l’emploi repique du nez outre-Atlantique. Toujours en mai, 54 000 postes de travail ont été créés, alors qu’il en faudrait 100 000 au minimum chaque mois pour simplement stabiliser le chômage.
Et bien davantage pour redonner du travail aux chômeurs. Ce coup de frein à la création de jobs tient à une croissance bien plus poussive qu’espéré: le PIB n’a gagné que 1,8% au premier trimestre contre 3,1% au troisième trimestre 2010. Pire: les prix moyens de l’immobilier repartent à la baisse, alors même que la valeur des maisons n’a toujours pas fini de chuter dans les Etats les plus touchés par la crise.
A l’heure où le QE2 touche à sa fin, le rêve d’un retour à meilleure fortune s’est évaporé pour nombre d’Américains. Lueur d’espoir: les bénéfices des entreprises restent solides. Peut-être pas assez pour écarter le spectre grimaçant.
(Décryptages du 8 juin 2011)
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