La croissance des émergents est solide et la reprise est en voie de devenir autoentretenue dans les pays situés au cœur de la crise de 2007-2009.
Un constat plutôt positif dressé par la Banque des règlements internationaux (BRI) – la Banque centrale des banques centrales – dans son rapport annuel. Le pire de la tourmente financière mondiale semble donc bien derrière nous.
Une bonne nouvelle immédiatement suivie d’un avertissement: pour «éviter un nouveau désastre», il est plus qu’urgent de réduire la montagne de dettes publiques et privées des pays développés.
Et pour cause: assommés par ces dettes, tant les gouvernements que les ménages n’ont plus de marge de manœuvre. La voie à emprunter pour se désendetter sera étroite et douloureuse.
Outre le fait que les mesures d’austérité pourraient – comme s’en inquiète l’ONU – doucher les espoirs de reprise en Espagne et en Grèce, les pays les plus endettés ont une population vieillissante.
Dans un tel contexte, ramener la dette d’Etat à des niveaux supportables tient de la gageure puisque les dépenses de retraites et de santé devraient augmenter ces prochaines années.
Et la BRI d’asséner: «Etant donné le vieillissement démographique, les régimes de retraite et autres acquis sociaux sont tout simplement trop onéreux pour pouvoir être maintenus.»
Ni marge de manœuvre, ni retraite décente: une potion amère promise à de très nombreux ménages. La sortie de crise aura un goût de souffrance sociale.
(Décryptages du 30 juin 2011)
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