«Cherche jeune universitaire, prêt à travailler à l’étranger.» Ce type d’offre fleurira bientôt sur les réseaux sociaux et autres modernes forums professionnels des pays développés.
Car – contrairement à ce que pourrait laisser penser le chômage de masse des moins de 25 ans dans nombre de pays – les universitaires seront de plus en plus recherchés, surtout les scientifiques. Et la Suisse sera particulièrement demandeuse.
Dans son numéro consacré à la croissance, La vie économique rappelle – sous la plume du professeur Beat Hotz-Hart, du conseil des EPF – que l’économie suisse, fondée sur le savoir, est tributaire des étudiants scolarisés à l’étranger.
En 2009, alors que l’économie helvétique employait 815 000 personnes dans des professions académiques ainsi que 289 000 dirigeants ou cadres supérieurs, les hautes écoles universitaires et spécialisées n’ont décerné que 29 825 bachelors, masters et doctorats. Même pas de quoi compenser les départs!
Sauf à augmenter fortement le nombre de diplômés dans une classe d’âge, le pays restera tributaire de cerveaux formés ailleurs. Mais «l’immigration de scientifiques de talent vers la Suisse n’ira pas de soi à l’avenir», avertit l’expert. Il faudra les séduire.
Pas sûr que la majorité de la population en soit consciente, ni que les étudiants d’ici acceptent de bon cœur un regain de concurrence dans les amphis.
(Décryptages du 23 juin 2011)
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