Après six semaines de baisse consécutives à Wall Street, le Dow Jones affichait, vendredi 10 juin, sa plus longue glissade depuis 2002. Une lente érosion qui a méchamment amputé les gains affichés jusque-là: quelque mille milliards de dollars se sont déjà évaporés des corbeilles américaines depuis le sommet du 29 avril. Leurs homologues européennes ne sont guère plus vaillantes. A la veille du long week-end de Pentecôte, l’indice phare de la Bourse suisse – le SMI – affichait un recul de 4,50% par rapport à son niveau du début de l’année, tandis que d’autres Bourses du Vieux Continent venaient d’effacer le chemin parcouru depuis janvier ou étaient sur le point le faire. Les actions n’ont plus la cote. Et ce désamour pourrait durer, tant les mauvaises nouvelles s’accumulent: croissance plus faible qu’espéré aux Etats-Unis; crainte d’un atterrissage brutal de l’économie chinoise; désorganisation de la production japonaise; enlisement de l’intervention militaire en Libye; incertitudes politiques dans plusieurs pays arabes; risque de défaut de la Grèce, dont Standard & Poor’s vient de ramener la note de la dette à long terme à un infamant CCC, et possible contagion à d’autres pays européens. La recherche de sécurité pousse les épargnants inquiets vers les bons du Trésor américains – malgré les doutes sur la capacité des Etats-Unis à rembourser, un jour, leur dette pléthorique –, les obligations souveraines allemandes et... le franc suisse.
(Décryptages du 16 juin 2011)
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