Miser sur la non-survenue de catastrophes naturelles pour éviter les effets des séismes boursiers et les pertes sur obligations souveraines.
«Le concept désuet de buy and hold ne fonctionne plus», constate sans détour Martin Keller – responsable asset management du Credit Suisse pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique – dans le numéro de septembre de Trends. Au nombre des pistes proposées par cette revue pour tenter d’obtenir une performance un peu plus alléchante que le piètre rendement des très sûres obligations de la Confédération: les Insurance Linked Strategies (ILS).
Le conseil est intéressé puisque cette grande banque propose un des rares fonds spécialisés en la matière... Reste que les arguments pour prendre – à la place des assureurs – le risque de survenue de catastrophes naturelles telles que tremblements de terre, tornades et autres tsunamis, ne manquent pas. Les ILS offrent un potentiel de rendement intéressant, non corrélé à l’évolution des marchés financiers.
Un avantage décisif en ces temps d’aversion au risque qui fait plonger jusqu’au cours des matières premières. La performance finale pour l’investisseur dépendra en effet essentiellement du nombre et de l’ampleur des catastrophes naturelles assurées survenues pendant la période de placement, ainsi que de l’évolution du taux Libor sur la monnaie de référence du produit. Dans le pire des cas – une année où les tremblements de terre secoueraient plusieurs points du globe tandis que les tornades et tsunamis en inonderaient d’autres – l’investisseur pourrait perdre une partie du capital placé en ILS.
Risques diversifiés. Une probabilité très faible pour qui effectue ce type de placements via un fonds spécialisé. Les gérants de tels fonds diversifiant à la fois les types de catastrophes naturelles couvertes, les zones géographiques et les compagnies d’assurances cédant leurs risques.
Ainsi, à la fin de juillet, le rendement 2011 du CSF Insurance Linked Strategies était faiblement négatif, de -1,9%, effet du tsunami au Japon inclus, contre des performances annuelles positives comprises entre 0,9 et 7,5% pour les années précédentes depuis 2006. Soit un rendement plutôt rassurant sur le moyen terme. L’investisseur intéressé ne doit toutefois pas oublier que, outre le risque de recrudescence des catastrophes naturelles, il s’expose plus simplement, comme pour tout produit financier, au risque de défaillance de l’émetteur.
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