Philipp Hildebrand, président de la Banque nationale suisse, occupera – en sus de son rôle à la tête de l’institut d’émission – le tout nouveau poste de vice-président du Conseil de stabilité financière, généralement désigné par son sigle anglais FSB. Une vice-présidence qui n’existait pas lorsque Mario Draghi, dirigeant depuis peu la Banque centrale européenne, présidait cette organisation chargée de superviser le système bancaire international.
Le numéro un de la BNS épaulera Mark Carney, gouverneur de la Banque centrale du Canada et nouveau président du FSB. Ils ne seront pas trop de deux – soutenus par un comité directeur dont Philipp Hildebrand était déjà membre ainsi que par les banques centrales, le FMI et l’OCDE représentés d’office au FSB –, pour mener à bien la tâche confiée par le G20: veiller à la stabilité financière internationale et à la régulation des marchés financiers.
Au-delà de la publication récente de la liste de 29 banques d’importance systémique – celles dont une faillite déstabiliserait l’économie mondiale – et des exigences accrues imposées à ces too big to fail, dont UBS et Credit Suisse, le Conseil de stabilité financière devra également se préoccuper d’éclairer au mieux les pratiques du shadow banking.
Un continent gris regroupant toutes les activités financières menées par des entités qui, ne recevant pas de dépôts du public, ne sont pas aussi régulées que les banques; voire ne le sont pas du tout. Les hedge funds, fonds d’investissement, véhicules spéciaux créés par des banques et autres fonds de pension peuvent ainsi conclure des opérations de gré à gré échappant à la vigilance des régulateurs.
L’opacité entourant les échanges au sein du shadow banking ou à sa marge par des banques surveillées par leur autorité nationale de régulation génère des risques mal couverts parce que mal définis. Ils n’en sont pas moins potentiellement redoutables.
A l’image de la chute de dominos que pourrait déclencher un défaut brutal sur la dette souveraine d’un pays européen; alors que les banques se soupçonnent mutuellement d’être les émetteurs des très nombreux CDS qu’il faudrait alors honorer.
(Décryptages du 10 novembre 2011)
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