Info ou intox ? L’ex informaticien de la banque HSBC à Genève a-t-il dérobé un fichier contenant moins de dix noms de clients, comme l’affirme la banque ? Ou quelque 130 000 identités, toutes nationalités confondues, comme l’a indiqué le procureur de Nice qui enquête à partir de ces données ? Quelle que soit la vérité, le mal est fait. La confiance dans l’étanchéité des systèmes informatiques des banques suisses est entamée. Depuis des mois, les clients européens ayant placé de l’argent non déclaré en Suisse étaient déjà confrontés aux menaces de leurs fiscs et tremblaient d’être découverts. Cette nouvelle affaire ne va pas contribuer à les rassurer. Elle s’inscrit dans un contexte où les entreprises - tous secteurs confondus, mais les banques sont des cibles de choix - se font dérober de plus en plus de données; selon l’enquête annuelle de KPMG. Or, le maillon faible de la chaîne de sécurité est souvent un employé qui transgresse. L’affaire HSBC n’est rendue publique que 3 ans après la copie effective des données, située par la banque entre fin 2006 et début 2007. De quoi lancer la machine à fantasmes sur d’autres établissements pareillement piégés. La peur monte d’un cran. Elle avait déjà raréfié les dépôts confiés en gestion par des clients européens. Même s’il s’avérait que ce désormais fameux fichier ne concernait réellement que dix clients ; ce sont des milliers d’autres qui auront été perdus pour les gestionnaires de fortune helvétiques. Info ou Intox, peu importe : l’onde de choc a déjà fait tomber les dominos.
Décryptages du 17 décembre 2009
