Membres de l’Espace économique européen − cette antichambre officielle du puissant club des Vingt-Sept − le Liechtenstein et la Norvège peuvent envoyer des experts dans les comités techniques qui élaborent les directives européennes. Ils auront aussi des observateurs au sein du futur Conseil européen du risque systémique et des trois nouvelles autorités communautaires chargées de surveiller les banques, les assurances et les marchés financiers. Accessoirement, les fonds de placement domiciliés à Oslo ou Vaduz sont facilement acceptés sur le vaste marché européen des produits financiers. Autant d’atouts dont est privée la finance helvétique, malgré son poids ! Pire: les portes étroites de l’accès au marché − maintenues entrebâillées au prix des habiles contorsions de la voie bilatérale − pourraient claquer. De quoi inquiéter les banquiers suisses et susciter une réelle nostalgie de l’occasion manquée en 1992 de s’installer dans l’antichambre EEE. A l’heure où l’AELE s’apprête à dire au revoir à l’Islande, pour cause de demande d’adhésion à l’UE de ce petit pays dévasté par la crise financière; d’aucuns rêvent d’un EEE bis où la Suisse côtoierait d’autres nouveaux venus potentiels: Saint-Marin, Monaco et Andorre. Boudoir ou antichambre niché dans une aile du château de l’Union européenne, dont aucun occupant ne ferait figure de fatigante exception. Un lieu paisible et convivial pour réfléchir sereinement à l’avenir.
Décryptages du 5 novembre 2009

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