20 millions d’emplois perdus dans le monde d’ici à la fin 2009: c’est l’estimation avancée par Juan Somavia, le directeur général du BIT. Le nombre de chômeurs pourrait ainsi passer de 190 millions à 210 millions en un peu plus d’une année. La phase d’impact de la crise financière sur l’économie réelle ne fait que commencer.
Cette première estimation de la hausse du chômage mondial se base sur les prévisions actuelles de croissance économique établies par le FMI et différents organismes de prévision. La destruction de postes de travail pourrait être plus importante si rien n’est fait pour soutenir les petites entreprises, celles qui créent le plus d’emplois dans le monde.
D’autant qu’avant le déclenchement de la crise financière, l’emploi était déjà le parent pauvre d’une croissance économique mondiale pourtant soutenue entre 2002 et 2007. Période pendant laquelle le niveau de chômage était resté à peu près constant.
Après avoir su se concerter pour voler efficacement au secours des banques, les grandes organisations internationales et les gouvernements ne peuvent pas faire l’économie d’une réflexion sur les moyens à mettre en œuvre pour soutenir les êtres humains qui vont pâtir de la crise. D’abord les plus pauvres: le nombre de ceux qui vivent avec moins d’un dollar par jour pourrait augmenter de 40 millions, tandis que le nombre de ceux qui se contentent de moins de deux dollars pourrait gonfler de 100 millions. Les «working poor» des pays développés seront également fragilisés; de même que les nombreux membres des classes moyennes confrontés conjointement à une perte d’emploi et à une menace de diminution de leur future pension de retraite.
L'Instantané du 21 octobre 2008
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